« Apprendre à capter l’attention d’un auditoire : c’est essentiel bien après le Grand Oral du bac »

L’oral est-il une compétence clé pour les jeunes qui rentreront dans quelques années sur le marché de l’emploi ? Pour Sophie Follenfant, directrice des ressources humaines du groupe RTE (Réseau de Transport d’électricité), la réponse est claire : le jeune qui sait capter l’attention a de sérieux atouts pour sortir du lot et progresser vers des fonctions managériales. 

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Votre groupe recrute près de 600 alternants et jeunes diplômés chaque année. Diriez-vous que la maîtrise de l’oral est une compétence indispensable ?
Les « soft skills » - et donc la maîtrise de l’oral – sont un sujet qui montent fortement en puissance, même dans des entreprises comme RTE, avec une forte culture d’ingénieur. Dès lors que l’on a un projet ou une idée à défendre, on doit être capable être capable de l’incarner à l’oral. 

« Sans incarnation, le message a toutes les chances de tomber à plat ! »

Pourquoi cette montée en puissance de l’oral ?
La première raison est sans doute liée à la surabondance d’information. Personnellement, je croule tous les jours sous le poids des documents écrits. J’enchaine les réunions jusqu’à 19 heures et je n’ai pas le temps de lire les PowerPoint qui me sont envoyés. Je suis loin d’être la seule dans ce cas. Dans ce contexte, la présentation faite par les collaborateurs est donc cruciale. Sans incarnation, le message a toutes les chances de tomber à plat ! 

La deuxième raison est liée aux changements en profondeur des modes de management. Aujourd’hui, les cadres ne sont plus dans une relation verticale avec les équipes. Ils doivent être capables de les convaincre et de les engager. Ils doivent être en mesure de maintenir la dynamique, même en situation de crise, même à distance. Encore une fois, ça passe par la parole. 

Que diriez-vous du rapport des jeunes à l’oral ? Comment le percevez-vous ?
La société est aujourd’hui dans une forme de communication paradoxale. Derrière les écrans, on écrit comme on parle ; on exprime nos émotions en direct, en un nombre limité de signes, à renfort de stickers et émoticônes. En quand on passe à l’oral, on perd trop souvent en spontanéité : on se met à lire des powerpoints sans émotion, sans incarner le message. Les jeunes, plus encore que les adultes, sont confrontés à ce paradoxe. Les plus cérébraux peuvent avoir peur de prendre la parole dans un univers « codé ». D’autres n’ont pas peur, mais ils sont parfois « sans filtre », donc en décalage avec les codes oraux en entreprise. 

« Le Grand Oral du bac est un premier entraînement à la réalité quotidienne en entreprise »

Dans ce contexte, que pensez-vous de la mise en place du Grand Oral du bac ? 
C’est pour les jeunes un premier entrainement à une réalité quotidienne en entreprise. Ils auront plus tard à faire de nombreuses présentations, de tous les formats, du pitch de trois minutes à la présentation formelle en réunion. Qu’ils puissent s’entrainer le plus tôt possible est une excellente nouvelle. C’est une opportunité pour eux. 

Les astuces de Sophie Follenfant pour capter l’attention de votre jury à l’oral

  • Maitrisez votre sujet sur le bout des ongles. Vous devez être capable de le dérouler sans réfléchir. Il n’est pas question de chercher ses idées le jour J ! 
  • Ecrivez en quelques lignes les idées clés que vous souhaitez que le jury retienne (deux ou trois idées)
  • Travaillez en amont votre respiration, votre voix, votre posture. 
  • Le jour J, pendant l’oral, pensez à votre respiration plus qu’à votre message ! C’est facile, votre message est tellement assimilé que vous n’aurez plus besoin d’y penser.